::: L'ennui et la passion :::
::: Poème de Philistin Panger :::
Dans sa robe grise d'un hiver infini
D'où tombe toujours de fines gouttes
Lentement glisse sur une longue route
La si belle et triste dame de l'ennui
Elle flotte tout prêt de nos petits empires
Et vient tout doucement ici se poser
Echangeant, sans scrupules, nos plus belles pensées
Contre des souffles légers ou de profonds soupirs.
Mais qu'on y prenne garde, la belle dame
souvent se cache dans l'ombre
Ayant sans doute peur de fondre
En s'approchant du feu de la passion des âmes.
Car une fille aux jupes chaudes et colorées
Tourbillonne, et ses cheveux libres dans l'air
Viennent fouetter nos empires éphémères
De ce goût de la passion démesurée
Elle attire sur elle toutes les passions
Etant elle même la mère de toutes
Ecartant pour nous les peurs et les doutes
Pour nous laisser vivre de violentes pulsions
Mais qu'on y prenne garde, la fille jolie
Que l'on sait jeune et forte à la fois
Se trouve bien souvent poussé du doigt
Dans l'abîme intime de la mélancolie.
Allez donc comprendre, pour quelles raisons
Les empereurs du bonheur que nous sommes
Choisissons nous de n'être que des hommes
Préférant la dame d'ennui à la fille de passion.